• Qu'est-ce qu'un maghrébin ?? de Mohammed Arkoun

     

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  • Driss Craibi Un poids géand de la littérature maghrébine  qui portait son Maroc dans ses écrits   en dénonçant toute société figée .l'exagon e rend hommage à cet écrivain de souche marocaine.

    le reportage :

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  •  Etude sur « Le passé simple » de Driss Chraïbi

    La structure des personnages et la sémiotique des émotions

    Rédigé par Dr Noureddine Mhakkak le Mercredi 31 Août 2005 à 12:19 commentaire(s)
     

    III- .L’IMAGE DE LA MÈRE ET LE THÈME DE LA SOUFFRANCE :

    L’image du père dans le roman « Le passé simple » comme l’a abordé le narrateur –héros, une image où la force règne avec toutes ses diverses représentations, on trouve, au contraire de cela, que l’image de la mère est une image où la faiblesse, l’obeisson, et même la peur se manifestent. Car cette femme est devenue comme le symbole de la négativité de la vie elle –même. Ainsi on voit que si le seigneur souffre du manque d’amour et de l’incompréhension de son fils Driss, la mère, comme l’a constaté le chercheur sémiotique Abderrahman Tenkoul : « Souffre à la fois de la tyrannie de son mari et de l’orgueil démesuré de son fils .Elle apparaît sans nom et complètement effacée au sein de la cellule familiale ». (3). 

    Cette faiblesse que le narrateur n’essaye pas de la critiquer durant le parcours narratif de ce roman, était aussi une cause qui pousse le père à mal traiter ses fils car il ne trouve pas devant lui aucune personne qui l’oblige à les respecter comme des êtres humains. Le narrateur a présenté bien l’image de sa mère en la montrant presque dans tous ses états de faiblesse .Or il l’a présenté d’une façon triste qui pousse le lecteur à être à sa côté, lui aussi, contre son mari le haj Ferdi, en lui décrivant ainsi : « Ma mère était aussi faible, soumise, passive .Elle avait enfanté sept fois à intervalles réguliers, deux ans .Dont un fils qui ne pouvait qu’être ivrogne et moi, qui la jugeais ».Pages 36-37.L’image de la mère reliée dans la mémoire de son fils Driss, qui le narrateur –héros de ce roman ,avec le travail qui fait dans la maison . 

    Il la voit en train de souffrir sans oser de déclarer sa révolte contre ce dur travail ,ou au moins lever sa voix en parlant de fatigue .Elle était considéré par le père ,comme une bonne pas comme sa femme ,la vraie maîtresse de foyer conjugale. Or son fils Driss la voit souvent à cette état là : « Je vis ma mère dans sa cuisine, au milieu de ses tagines et de ses braseros en tôle .Elle soufflait sur la soupe parce qu’elle était trop chaude,la remettait sur le feu quand elle refroidissait ,soufflait …Elle mordait un mouchoir en dentelles et sanglotait sans larmes ,sans bruit ,comme sanglotent les femmes qui durant quarante ans ont sangloté » Page20. La mère était ainsi, soit est en train de servir son mari et ses enfants, soit elle est en train de pleurer son malheur et sa condition d’une femme rejetée. 

    Ce qui a poussé son fils révolté Driss de lui s’adresser un jour des paroles très violentes ,des paroles qui manquaient de respect envers elle , au moins comme une mère qui a passé toute sa vie sans oublier de faire ses devoirs envers ses enfants .Certes ,quand Driss s’adresse ses paroles à sa mère ,il vise par elles le père e, lui expliquant les causes de sa révolte contre lui ,mais malgré cela on peut remarquer que Driss a dépassé ses limites comme un fils qui était bien aimé par sa mère .On lit ses mots alors : « Mère il a raison -Le père – pas de saints ,ils ne sont que cela ,saints, mais des vivants ,des hommes ,un homme pour toi un adultère ..Non ! Ne dis pas : ‘O mon oreille, tu n’as rien entendu : un amant. Un amant qui te possède et qui te satisfasse ! Vois, j’ai découvert ton cher vieux secret, mais je ne puis te consoler, je ne suis que ton fils... Non ! cette dernière phrase n’est pas ambiguë très claire au contraire, n’aie pas peur, tu as parfaitement compris » Page 50.Or cette femme qui a tant souffert dans sa vie en tant qu’épouse et mère, a décidé dans un moment de colère de mettre fin à sa vie. Ainsi elle s’est suicidé en laissant derrière elle tous ses malheurs. 

    Cette situation a été bien commenté par le critique Abderrahmane Tenkoul qui a vu que le sens du suicide, de la mère est ainsi : « Si elle a accepté de suicider c’est par amour de la dignité qu’elle n’a pu imposer dans la vie, puisqu’elle était en permanence brimée et bafouée, elle a voulu la manifester par un geste fatal, subversif. Ni l’éthique sociale, ni l’interdit religieux n’ont pu contraindre sa décision tragique de transformer sa faiblesse en défi absolu » (4).
     

    IV-.L’IMAGE DU FILS ET LE THÈME DE LA RÉVOLTE :

    L’image du fils se présente dans le miroir de la révolte contre le père et l’amour envers la mère ou selon l’expression du dramaturge Arto dans le regard en derrière avec colère .Car le narrateur Driss Ferdi en reconstruisant la structure de son autobiographie, s’arrête beaucoup sur les moments fortes qui ont marqué son parcours, et surtout sur les moments de sa colère dans le foyer paternel où le père impose sa volonté contre sa femme et ses fils. 
    Et ce qui multiplie sa colère c’est qu’il est un fils bien lettré et cultivé, et qui est en plus étudié dans les écoles françaises. Ainsi on trouve dans l’univers romanesque du « Passé simple » des conflits entre ce fils là et son père .Ces conflits qui étaient bien présentés par la plume superbe du Driss Chraïbi à travers la voix du narrateur qui a le même nom que lui. 

    On peut citer là-dessus cette paragraphe qui montre avec une grande ironie stylistique ce conflit : « C’est parfait. Le père et le fils qui se regardent : rien que de naturel, rien de plus attendrissant .Et maintenant dis –nous..Tu sais que nous sommes ignorant et que nous ne demandons qu’à nous instruire. -de grâce (en français : s’il te plait) éclaire –nous : Le meilleur sandwich est –il au jambon ou bien au pâté ? je n’ai pas quitté des yeux les yeux noirs. 
    Une question vrilla mon cerveau : quel est le salaud qui .. Et tout de suite je ressentis une crampe à l’estomac : La peur »Page 22. C’est de cette façon, en s’adressant la parole à son fils révolté contre lui, a accusé la culture française qui était selon son opinion la vraie cause de la révolte de son fils, car elle pu changer ses idées en premier temps et après toute sa personnalité .C’est pour cette raison qui lui a dit en se moquant de lui ces paroles là : « Tranquillement tu vas dans la ville européenne .Tu as le teint clair, les cheveux blonds, les yeux bleus. Le prophète n’a pas marqué ses élus au front. Pourquoi l’aurait –il fait ? Il n’a pas prévu que son peuple compterait des caméléons. A te voir, qui te prendrait pour un Arabe ? Ça, c’est une de tes fiertés. Comme si l’on pouvait s’enorgueillir d’uriner rouge et de chier bleu ! Deux tableaux, pile, face : il se rince soigneusement la bouche, se cure les dents et comme un véritable affamé vient s’adresser à notre table »Pages:23-24. Le père savait bien que son fils préféré ne cesse pas de souhaiter sa mort et même s’il est montré quelques fois indifférent pour ce souhait, il n’a pas pu cacher son malheur envers cela .Car c’est très dur pour un père qui découvre dans un moment que son fils n’hésite pas à se révolter contre lui, allant même jusqu’à chercher sa mort en s’attaquant directement à lui. 

    V- Conclusion : 
    On peut conclure que l’écrivain Driss Chraïbi a fait vivre sous nos yeux des personnages que la violence révèle à eux et, en même temps, les métamorphose en êtres malheureux .Mais le texte en tant qu’un roman structure une vision poétique, une création de l’esprit qui s’assimile les éléments du réel pour les recréer de nouveau dans un monde de l’imaginaire.
     
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  • CLAUDE CAVALLERO (DIR.), LE CLÉZIO, GLISSANT, SEGALEN: LA QUÊTE COMME DÉCONSTRUCTION DE L'AVENTURE

    PARUTION LIVRE

    Parution : décembre 2011.

    Information publiée le jeudi 19 janvier 2012 par Marc Escola (source : Catherine Brun)


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    Référence bibliographique : Le Clézio, Glissant, Segalen: la quête comme déconstruction de l'aventure , Université de Savoie, collection "Ecriture et représentation", 2011. EAN13 : 9782919732029.

    Nb de pages : 202
    Prix : 20,00 €

    Cet ouvrage fait suite au colloque qui s'est déroulé à l'université de Savoie à Chambéry, du 2 au 4 décembre 2010 sous la houlette de Claude Cavallero et Jean-Pol Madou.

    Au cours des dernières années, l'oeuvre littéraire de Le Clézio a fait l’objet de nombreuses études monographiques, lesquelles ont souvent occulté ses liens ténus avec d’autres créations contemporaines, voire plus anciennes. Ainsi de l’étonnante relation d’intertextualité observable avec les textes d’Édouard Glissant et de Victor Segalen, oeuvres qui mettent systématiquement en cause les concepts d’identité et de relation à l’Autre. Segalen était à la recherche d’un nouvel exotisme, d’une ascèse du corps et de l’esprit permettant l’accès à un ailleurs transcendé. Glissant a développé une poétique de la relation où l’identité ne peut plus se concevoir à partir d’une racine unique mais à travers une prise en compte du Divers. Quant à lui, Le Clézio tire de ses séjours auprès de communautés amérindiennes une continuelle attention à des différences culturelles qui le conduisent à prendre des distances définitives avec une certaine doxa de la pensée occidentale. C’est en considérant de telles convergences qu’a germé l’idée d’un colloque universitaire dont l’objectif serait d’exhorter le lecteur à emprunter les passerelles permettant d’enrichir la lecture d’une oeuvre au contact de l’autre selon l’esprit même de la poétique de Segalen nous invitant à faire reculer sans cesse les limites sémantiques apparentes des mots. Dans le contexte des nombreux métissages contemporains, il devenait urgent d’ouvrir le dialogue entre ces corpus emblématiques placés sous le signe d’une commune errance où le voyage perd sa dimension aventureuse en vue d’une quête démystifiée de l’Autre.

     

    Sommaire:

    Sommaire


             

    Avant-propos
    Claude Cavallero 7
    Territoires à l'épreuve de l'Autre: de l'île du Maître-du-Jouir à l'archipel de Glissant
    Colette Camelin 15
    Machine arrière
    Jean-Louis Cornille 37
    L’aventure du vide: étude intertextuelle de La saison des pluies de J.-M.G. Le Clézio et de l’Essai sur l’exotisme de Victor Segalen
    Amy Cartal-Falk 49
    Les avatars de la parole métisse dans Raga de J.-M.G. Le Clézio et La terre magnétique d’Édouard Glissant
    Claude Cavallero 59
    Le Germe et le Rhizome: Segalen et Glissant
    Jean-Pol Madou 73
    Segalen et Glissant: de la quête identitaire à l’identifiction
    Karine Gros 81
    Révolutions: la mémoire comme espace de "Relation"
    Martha van der Drift 89
    Le Contraire et le Semblable: de l’exotisme de Segalen À l’humanisme de Glissant
    Sidi Omar Azeroual 97
    Du récif à la vague: figures de la mer chez Segalen et Le Clézio
    Rachel Bouvet 107
    La nomadologie de Deleuze: point de rencontre entre Le Clézio et Glissant
    Angelos Triantafyllou 121
    Les «Équipées» de J.-M.G. Le Clézio et la déconstruction de l’aventure
    Bruno Thibault 133
    Variations autour du mythe insulaire: Segalen, Le Clézio, Glissant
    Bernadette Rey Mimoso-Ruiz 145
    Itinéraire exotique, francophonies insulaires
    chez Le Clézio, Segalen, Glissant
    Silvia Baage 159
    Segalen, Glissant, Le Clézio et l’ambiguïté insulaire
    Jean-Xavier Ridon 171
    Pour une phénoménologie du voyageur du divers
    Olivier Salazar-Ferrer 185

    * * *

    L'ouvrage est disponible auprès de:
    FMSH diffusion
    18 rue Robert Schuman
    94227 CHARENTON
    tél.  33 1 53 48 56 30
    fax  33 1 53 48 20 95

     

    Responsable : Claude Cavallero

     

    Url de référence : 
    http://www.lls.univ-savoie.fr/index.php?action=lire&id=1270

     

    Adresse : Laboratoire Langages, Littératures, SociétésUniversité de SavoieBP 110473011 CHAMBERY CEDEX

     

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    Qui dit culture maghrébine?

    Des histoires...

    ... ou de la culture?

    Ce texte trouvé sur wikipedia a retenu mon attention. 
    Est-ce la culture de toute une région peut être réduite en ces quelques mots? Enfin, on lisant ce texte, on sent un balayage de l'histoire. Et toute la culture dans son sens large, la culture des peuples et les liens ancestraux et mondains des indigènes authentiques avec leur terre ne sont presque pas abordés...
    Enfin, nous contrastons le texte avec des images qui ne font pas partie de la page originale.

     

    Méditérranniens...

    Qui dit culture maghrébine? Méditérranniens...Le Maghreb appartient au monde méditerranéen et arabo-musulman ; sa culture est issue d'un mélange d'influences diverses. Englobé dans la république puis l'empire romain du IIe siècle avant J.-C. au Ve siècle, on trouve en Afrique du Nord les mêmes vestiges que dans le reste du bassin méditerranéen : temples (Dougga), théâtres (Timgad), amphithéâtres (Thysdrus près d'El Djem), Arc de triomphe (Volubilis) thermes (Carthage), mosaïques (musée du Bardo à Tunis).

     

     

     L'arabité et l'arabophobie...

     Qui dit culture maghrébine? LAu Moyen Âge, les Arabes imposent leur langue et leur religion qui imprègnent de nombreux domaines de la vie sociale. La civilisation arabo-musulmane apporte un art nouveau dans les paysages urbains (mosquées, souks, hammams, médinas, casbahs). Les Arabes fondent des villes (par exemple : Kairouan en 670, Fès en 809 ou Oran au Xe siècle) et organisent la région. Toutefois, l'arabisation du Maghreb se heurte aux résistances des populations berbères qui tentent de préserver leur identité : le printemps berbère désigne les manifestations qui éclatent en 1980, au cours desquelles les berbérophones, d'abord de Kabylie, puis d'autres régions d'Algérie (les Aurès, le Mzab, etc.), réclament l'officialisation de leur langue. Finalement, le gouvernement algérien reconnaît le berbère seulement comme une langue nationale mais refuse son officialisation ce qui maintient la tension sur la question linguistique et identitaire en Algérie.

     

     

     L'effet  de la colonisation...

     Qui dit culture maghrébine? LLa colonisation française réintroduit le christianisme - déjà présent dans l'Antiquité et dont saint Augustin était une grande figure - construit une cathédrale à Constantine (1838), des bâtiments officiels, des infrastructures de transport… Aujourd'hui, la langue française reste utilisée dans les affaires et l'enseignement et une grande partie des Maghrébins regarde les programmes télévisés de l'ancienne métropole. La domination européenne a fortement troublé la société maghrébine en apportant la modernité et les valeurs occidentales. Elle s'est soldée par le rejet de cette influence.
    Aujourd'hui, les habitants du Maghreb ont accès à la culture occidentale, notamment grâce aux émissions télévisées captées par les antennes paraboliques. Mais les mouvements culturels locaux expérimentent de plus en plus des formes d'expression jadis réprimées par les régimes politiques postcoloniaux, notamment dans les domaines de la musique, de la danse et des arts visuels.
     

    http://fr.wikipedia.org

     

     

     

     

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    Les Identités meurtrières d’Amin Maalouf

    La dénonciation de la « conception tribaliste de l’identité »

    « L’humanité, tout en étant multiple, est d’abord une[1] »

     

    Les Identités meurtrières est un essai, particulièrement abordable et didactique, publié en 1998 aux Éditions Grasset, qui refuse la définition simpliste, « tribaliste », trop courante, de l’identité. Et c’est à partir de son expérience personnelle, de la diversité de ses appartenances qu’Amin Maalouf a souhaité entamer cette réflexion.

    L’identité est forcément complexe, elle ne se limite pas à une seule appartenance : elle est une somme d’appartenances plus ou moins importantes, mais toutes signifiantes, qui font la richesse et la valeur propre de chacun, rendant ainsi tout être humain irremplaçable, singulier. Elle n’est pas innée, n’est pas d’emblée ; elle s’acquiert via l’influence d’autrui. Aucun individu au monde ne partageant toutes ses appartenances (ni même avec son père ou son fils), il apparaît extrêmement dangereux et non-pertinent d’englober des individus sous un même vocable, a fortiori de leur attribuer des actes, opinions ou crimes collectifs. L’identité reste incontestablement un tout : elle n’est ni un « patchwork », ni « une juxtaposition d’appartenances autonomes » ; quand une appartenance est attaquée, toute la personne est touchée.

    Les identités deviennent ou peuvent devenir meurtrières, lorsqu’elles sont conçues de manière tribale : elles opposent « Nous » aux « Autres », favorisent une attitude partiale et intolérante, exclusive et excluante. Le choix proposé par cette conception est extrêmement dangereux, il implique soit la négation de l’autre, soit la négation de soi-même, soit l’intégrisme, soit la désintégration. En ce sens, les individus hybrides semblent devoir jouer un rôle clé : celui de traits d’union, de médiateurs. Mais ils sont généralement les premières victimes de cette conception tribale. Ils peuvent constituer alors des relais comme les pires tueurs identitaires s’ils sont dans l’incapacité ou dans l’impossibilité d’assumer cette diversité : à l’heure de la mondialisation, une nouvelle conception de l’identité s’impose, à tous. Or, « pour aller résolument vers l’autre, il faut avoir les bras ouverts et la tête haute, et l’on ne peut avoir les bras ouverts que si l’on a la tête haute » (p. 53). 

    Pour poursuivre sa réflexion sur la notion d’identité, il semble nécessaire de se demander pourquoi la modernité, notion qui s’avère très liée, est parfois rejetée et non considérée comme un progrès. Dans ce but, Maalouf choisit d’aborder particulièrement le « cas » du monde arabe.

     

     

    Le XX°s. nous aura appris qu’aucune doctrine n’est, par elle-même, nécessairement libératrice, toutes peuvent déraper [que ce soit les doctrines religieuses, politiques, etc.] […] Personne n’a le monopole du fanatisme et personne n’a, à l’inverse, le monopole de l’humain. », p. 62.

     

     

    Il faut se questionner différemment, poser « un regard neuf et utile », avoir le « scrupule de l’équité », ne supporter ni « hostilité, ni complaisance, ni surtout l’insupportable condescendance ». Après avoir abordé rapidement l’Histoire de l’Occident chrétien et du monde arabe, et surtout celle de leurs relations, l’auteur pose la question essentielle de son deuxième chapitre :

     

     

    Pourquoi l’Occident chrétien, qui a une longue tradition d’intolérance, qui a toujours eu du mal à coexister avec « l’Autre », a-t-il su produire des sociétés respectueuses de la liberté d’expression, alors que le monde musulman, qui a longtemps pratiqué la coexistence, apparaît désormais comme une citadelle du fanatisme [2]?

     

     

    Ce questionnement lui permet d’aborder la notion d’influence : tandis que l’on exagère l’influence de la religion sur les peuples, on atténue, on minimise l’influence des peuples sur les religions. Ces influences sont en fait dans un lien de réciprocité ; il est donc inapproprié, voire risqué de nier un aspect de cette dialectique. Tout comme l’Islam ne peut être considéré comme un facteur d’immobilisme, le christianisme n’a pas été « la locomotive » de la modernisation de l’Occident : il s’est adapté.

    Devenue la civilisation de référence, la civilisation occidentale a alors placé les autres dans une position périphérique, modernisation est devenue synonyme d’occidentalisation, et cette réalité a pu être vécue de manière douloureuse par ceux nés au-dehors. Si même en France la notion de modernisation suspectée d’être une américanisation est perçue comme le « cheval de Troie d’une culture étrangère dominatrice » (p. 86), le sentiment est d’autant plus fort hors de l’Occident : se répand le sentiment de vivre dans un monde appartenant à l’autre, dont les règles sont édictées par l’autre. Historiquement, le monde arabe a très tôt vu la modernisation comme une nécessité. Ce sont les nationalistes et non les islamistes qui ont mené leurs pays à l’Indépendance ; le radicalisme religieux a été la dernière réponse quand toutes les autres voies ont été bouchées, il n’a pas été un choix spontané, naturel, immédiat des Arabes ou des Musulmans.

    L’auteur essaie de comprendre pour quelles raisons aujourd’hui l’appartenance religieuse est celle qui est la plus mise en valeur. Pour Maalouf c’est un phénomène complexe qui ne peut se réduire à un retour en arrière. Il met en valeur, en s’appuyant sur l’Histoire et les changements du XX°s. trois facteurs pour expliquer cette tendance actuelle : le déclin, la chute du bloc communiste qui voulait bâtir une société sans religion, la crise de l’Occident et la mondialisation accélérée :

     

     

    Il ne fait pas de doute que la mondialisation accélérée provoque, en réaction un renforcement du besoin d’identité […] et un renforcement du besoin de spiritualité. Or, seule l’appartenance religieuse apporte, ou du moins cherche à apporter une réponse à ces deux besoins[3].

     

     

    Il explicite alors sa notion de « tribus planétaires », désignant les communautés de croyants qui tentent « la synthèse entre le besoin d’identité et l’exigence d’universalité » (p. 106). Ayant fait ce postulat, il se demande vers quoi dépasser ce phénomène, sans dépasser bien sûr la religion :

     

     

    Je ne rêve pas d’un monde où la religion n’aurait plus de place, mais d’un monde où le besoin de spiritualité serait dissocié du besoin d’appartenance. […] Séparer l’Eglise de l’Etat ne suffit plus ; tout aussi important serait de séparer le religieux de l’identitaire[4].

     

     

    La solution serait que l’appartenance à la communauté apparaisse comme la composante majeure de l’identité : pour l’auteur, elle est indispensable et semble être la plus apte à dépasser l’appartenance religieuse comme les autres, sans pour autant les effacer. 

     

     

    L’évolution actuelle pourrait favoriser, à terme, l’émergence d’une nouvelle approche de la notion d’identité. Une identité qui serait perçue comme la somme de toutes nos appartenances, et au sein de laquelle l’appartenance à la communauté humaine prendrait de plus en plus d’importance, jusqu’à devenir un jour l’appartenance principale, sans pour autant effacer nos multiples appartenances particulières[5].

     

     

    Se fondant sur une citation de Marc Bloch : « les hommes sont plus les fils de leur temps que de leurs pères », il insiste sur le fait que nous soyons dépositaires de deux héritages : l’un « vertical », celui de nos ancêtres, l’autre « horizontal », celui de notre époque, de nos contemporains. Il considère alors le dernier comme le plus déterminant. Or ce n’est point ainsi que nous le percevons : existe un fossé entre ce que nous sommes, ce que nous devenons, et la manière dont nous nous percevons, ce que nous prétendons être. Il explique alors la peur ressentie par une majorité face à la mondialisation par la peur de l’uniformité. Si l’universalité est, elle, bienvenue, il comprend que les hommes rencontrent des difficultés à dissocier les deux qui se font dans le même mouvement qu’est la mondialisation. Il faut donc que les valeurs d’universalité priment : les droits universels ne peuvent être déniés sous prétexte de préserver une tradition, une croyance mais il faut également lutter contre une uniformisation appauvrissante.

    Maalouf distingue deux uniformisations possibles : l’« uniformisation par la médiocrité », et l’« uniformisation par l’hégémonie » (p. 132), dangereuses, auxquelles il faut prendre garde. L’attitude proposée : ne pas être frileux car cette uniformisation est un risque inhérent à la démocratie : le foisonnement plutôt que d’être un facteur de diversité culturelle peut mener à l’uniformité « si l’on s’en remet passivement à la pesanteur du nombre » (p. 131).

    Il lui paraît indispensable, alors, que la civilisation globale n’apparaisse pas comme exclusivement américaine, il ne doit pas y avoir d’un côté des émetteurs universels, de l’autre des récepteurs, d’où son attachement au « principe-clé » de réciprocité. Mais s’il faut refuser la tentation hégémonique, il faut également refuser la tentation du dépit : ne pas se conforter dans un rôle de victime. Le monde n’appartient à personne, il faut avoir l’ambition de s’y inscrire. La mondialisation menace la diversité culturelle mais « le monde d’aujourd’hui donne aussi à ceux qui veulent préserver les cultures menacées les moyens de se défendre », (p. 146). Elle n’est pas l’arme de quelques-uns contre tous mais une « immense arène, ouverte de toutes parts » (p. 146).

    Une des appartenances qu’il considère des plus déterminantes, rivale de la religieuse, est la langue, et son avantage est de ne pas être exclusive, contrairement à la religion. « Séparer le linguistique de l’identitaire ne me paraît ni envisageable, ni bénéfique », (p. 153) car la langue est le « pivot de l’identité culturelle » et « la diversité linguistique le pivot de toute diversité », tout être humain a besoin d’une langue identitaire. C’est pourquoi chacun doit s’engager pour le maintien et l’avancement de sa langue identitaire, mais il apparaît également nécessaire de connaître la langue globale (l’anglais) tout comme d’investir une troisième langue, la langue « de cœur ». En effet pour l’auteur, consolider la diversité linguistique, c’est avancer dans la « voie de la sagesse », afin de « tirer du formidable essor des communications l’enrichissement à tous les niveaux », (p. 164).

    Dans une perspective plus politique, il formule l’idée que le respect des équilibres en matière de diversité identitaire doit être assurée par « un minutieux système de quotas ». S’il est profondément attaché à la démocratie, il est conscient qu’elle ne suffit pour assurer l’harmonie, la paix civile. L’exemple même de la formule libanaise montre selon lui comment le processus de préservation nécessaire de la diversité des appartenances au sein d’une collectivité nationale est délicat : il peut donner des résultats inverses à l’objectif, prouvant que toute pratique discriminatoire, même positive, peut s’avérer dangereuse. Son essai permet alors l’ouverture de sa réflexion sur le système démocratique et la loi du suffrage universel : « ce qui est sacré, dans la démocratie, ce sont les valeurs, pas les mécanismes », p. 178. Car la démocratie peut être injuste si le vote n’est pas un vote d’opinion : il faudrait arriver dans le monde entier à ce que le vote des électeurs soit indifférent à l’appartenance ethnique des candidats, que les hommes « apprivoisent la bête identitaire ».

    Tout au long de cet essai transparaît l’humilité de son auteur. De manière paradoxale, il souhaiterait que cet ouvrage ne soit plus lu et ceci le plus rapidement possible, ses idées devenues évidentes, voire même dépassées :

     

     

    Pour ce livre, qui n’est ni un divertissement ni une œuvre littéraire, je formulerai [ce] vœu […] : que mon petit-fils, devenu homme, le découvrant un jour par hasard dans la bibliothèque familiale, le feuillette, le parcoure un peu, puis le remette aussitôt à l’endroit poussiéreux d’où il l’avait retiré, en haussant les épaules, et en s’étonnant que du temps de son grand-père, on eût encore besoin de dire ces choses-là[6].

     

     

    C’est à nous qu’il incombe de devenir rapidement ce petit-fils-là ou du moins à contribuer à le faire naître, à la lecture de cette réflexion.

     

    Circé Krouch-Guilhem

     

     

     



    [1] Amin MAALOUF, Les Identités meurtrières, Le Livre de poche, 2001, [Grasset & Fasquelle, 1998], p. 125.

    [2] Ibid., p. 70.

    [3] Ibid., p. 106.

    [4] Ibid., p. 110.

    [5] Ibid., p. 114-115.

    [6] Ibid., p. 189.

     

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  • George Sand, 1804-1876  "Biographical note"

     

    The Devil's Pool (La Mare au Diable) / translated from the

    French by Jane Minot Sedgwick and Ellery Sedgwick [1846/1901]

    George Sand, 1804-1876


    Works in English translation
    Biographical note

    Amandine-Aurore-Lucile Dupin, later Baroness Dudevant was a French novelist and early feminist (prior to the invention of the word) who wrote under the pen name of George Sand.

    Born in Paris to a father of aristocratic lineage and a "common" mother, Sand was raised for much of her childhood by her grandmother at the family estate, Nohant, in the French region of Berry, a setting later used in many of her novels. In 1822, she married Baron Casimir Dudevant, and they had two children, Maurice (b. 1823) and Solange (b. 1828). In 1835, taking the children

     

    with her, she left her husband.

    Her first novel, Rose et Blanche[1831] was written in collaboration with Jules Sandeau, from whom she allegedly took her pen name, Sand.

    After parting from her husband Sand made less and less a secret of preferring men's clothes to women's, although she continued to dress as a woman for social occasions. This male "disguise" enabled Sand to circulate more freely about Paris, and gave her increased access to venues that might have been denied to a woman of her social standing. This was an exceptional practice for the 19th century, where social codes--especially in the upper class--were of the highest importance. As a consequence Sand lost a good deal of the privileges attached to being a Baroness. Ironically, it was also a part of the mores of this period that women of higher classes could live physically separated from their husbands without losing face, if they didn't show any blatant irregularity to the outer world.

     

     

    She was linked romantically with Alfred de Musset (summer 1833 - March 1834), Franz Liszt and Frédéric Chopin [1810-1849] whom she had met in Paris in 1831. In Majorca one can still visit the (then abandoned) Carthusian monastery of Valldemossa, where she spent the winter of 1838-39 with Frédéric Chopin and her children. This trip to Mallorca was described by her in Un hiver à Majorque ("A winter in Mallorca"), published in 1855. She left Chopin shortly before he died from tuberculosis.

    Her successful novels include Indiana [1832], Lélia [1833], Mauprat [1837], Le Compagnon du Tour de France [1840], Consuelo [1842-1843], and Le Meunier d'Angibault [1845]. Drawing from her childhood experiences of the countryside, she wrote the rural novels La Mare au Diable [1846], François le Champi [1847-1848], La Petite Fadette [1849], and Les Beaux Messieurs Bois-Dore. Further theatre pieces and autobiographical pieces include Histoire de ma vie [1855], Elle et Lui [1859] (about her affair with Musset), Journal Intime (posth. 1926), and Correspondance. In addition, Sand authored literary criticism and political texts.

     

    George Sand died at Nohant, near Châteauroux, in the Indre département of France on June 8, 1876 at the age of 72 and was buried in the grounds of her home at Nohant.

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