• Le Médecin malgré lui de Molière Par : Hanane TAOUDI

     

    Le Médecin malgré lui _de Molière                                                    Par : Hanane TAOUDI

     

    Etant le miroir de la société, le théâtre est le genre littéraire joué depuis Aristote. Modelée sur la commedia DELL ARTE, la comédie française du XVII°siècle a pu établir ses fondements grâce au dramaturge français Jean Baptiste Poquelin dit Molière.

     

     

    En effet, Molière, après avoir quitté son métier d'avocat, a fondé son illustre théâtre pour jouer ses pièces théâtrales dans les salles de  Provence. Il a écrit ses farces dont la plupart gravite autour le thème de la médecine, notamment : Le Malade imaginaire, le Médecin volant. Le Médecin malgré lui , quant à elle, est une pièce composée de … Actes dont le personnage principal est Sganarelle, l'ivrogne fagotier. A noter que le nom de ce personnage est une fusion entre deux noms à savoir Scaramouche ou Scapin et Polichinelle, les deux célèbres personnages de la commedia DELL ARTE.

    Suite à la vengeance de sa femme Martine, Sganarelle va être l'arroseur arrosé qui va passer pour un médecin afin de guérir une malade atteinte d'une maladie étrange.

    Son accès au monde des bourgeois lui a permis d'ouvrir gros ses yeux et tirer plus d'argent et en même temps chercher comment tirer son épingle du jeu.

    Dans cette pièce, Molière nous invite à assister à un autre spectacle  comique qui n'a pas pour objet de déclencher le rire, mais d'interpeller notre réflexion sur la condition humaine de son époque.  L'atrocité de l'épidémie (la choléra et la peste noire) et le manque de l'hygiène ont fragilisé la  population. La quête des médecins demeure sine qua non.

    Suite au manque de ces derniers pendant cette période, les barbiers et les rebouteux s'emparent des esprits crédules et profitent de leur charlatanisme, sous prétexte de la religion. Ce dont Molière jalonne dans cette pièce. La médecine de cette époque était rudimentaire à base des humeurs dont la nocivité des médicaments prescrits peut entraîner la mort des patients

    En revanche, la vengeance de Martine de son mari Sganarelle, lui a donné le pouvoir de profiter de la maladie de Lucinde, la fille unique d'un bourgeois cupide et avare. Cette fille est atteinte d'un mutisme mensonger.  Sa fausse maladie est une vengeance devant la ténacité de son père. Ce dernier ne sait pas qu'elle fait semblant d'être ainsi. Molière dans cette situation profite du rôle du faux médecin pour faire passer le bien aimé de Lucinde pour un apothicaire.

     

    Le dramaturge met en scène l'être et le paraître devant la crédulité et la pudeur du père afin de faire rencontrer les amoureux au sein de la demeure de l'avare et son insu. Une mise en abîme le met en évidence. Le jeu des trois personnages, porte sur l'illusion si ce n'est sur le quiproquo.  

    D'un autre côté, l'arroseur arrosé à savoir Sganarelle a pu dominer son auditoire puisqu'il profite de son  pouvoir de la parole pour faire taire ceux qui l'entourent. Son recours aux termes relevant du jargon médical d'origine grecque ou latine, accentue la crédulité de son auditoire et  ajoute un plus au médecin même si la plupart de son langage est incompris voire erroné.

    Dans cette perspective, Molière parodie ce type de langage dont se servent ces charlatans afin de tirer leur profit.  

    Les personnages de la pièce relèvent de classes sociales différentes. Les paysans et les bourgeois. Cela  permet à Molière de juxtaposer trois types de langages : Le patois pour s'adresser aux paysans, la langue soutenue pour parler au gens haut placés, et le jargon médical dont les termes sont empruntés du grec et du latin, pour dominer son auditoire par dérision.

    L'avarice de Géronte qui représente la classe bourgeoise, a donné lieu à la ruse de Sganarelle pour tirer plus d'argent. Molière dénonce cette hypocrisie qui met au point l'être face à ce qu'il ne l'est pas. Un médecin dont le tablier cache un bûcheron ivrogne et cupide ; un avare  qui dépense l'argent pour la guérison de sa fille. L'avarice et la cupidité du père le poussent à accepter un mari que sa fille n'aime pas au lieu de Léandre. Quand ce dernier devient héritier, il devient accepté par le père.

    Séduire la nourricière de Lucinde, met en scène  la trahison du médecin envers sa femme. Ce qui déclenche la jalousie de Lucas, le mari de Jacqueline, pour dévoiler l'identité du faux médecin. Molière recourt à sa bonne documentation dans le domaine de la médecine pour mettre en place la fourberie de Sganarelle vis-à-vis de  sa façon de séduire les femmes.

    Le dévoilement de la vraie identité de Sganarelle met en embarras le pauvre bûcheron. Il serait pendu devant le public. Mais la fin heureuse ou le deus ex machina a donné vie à l'amour vertueux de Léandre et Lucinde. A la réconciliation de Sganarelle avec sa femme vindicative.

    Pour conclure, il est important de signaler que déclencher le rire n'est pas l'objet du comique, mais c'est dénoncer les inepties de la société voire interpeller  notre réflexion."Vive la médecine" telle est la parole de Sganarelle quand il a pu sortir son épingle du jeu. Mais vivrait-elle si un  charlatan médecin tue autant de patients pour tirer trop d'argent?

        

     

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  • Commentaires

    1
    Emeuh
    Jeudi 22 Mai 2014 à 15:24

    Bonjour,

     

    je me permets de vous contacter afin de vous contacter afin de vous demander s'il est possible que vous me communiquiez le nom du metteur en scène qui a donné lieu à cette photo :

    Merci d'avance.

    Cordialement.

    E.L

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